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La Loi Jeanbrun 2026, intégrée au cadre de la loi de finances, marque un tournant dans la défiscalisation immobilière en France. Présentée comme le nouveau statut du bailleur privé, elle ambitionne de relancer l’investissement locatif en remplaçant progressivement les anciens mécanismes de réduction d’impôt par un système fondé sur l’amortissement fiscal du bien immobilier.
Dans un contexte de tension locative, de fin des dispositifs “grand public” de réduction d’impôt, d’exigences de performance énergétique et de pression fiscale sur les revenus fonciers, la réforme Jeanbrun redéfinit les règles applicables aux propriétaires bailleurs. Elle ne repose plus sur une réduction d’impôt proportionnelle au prix d’achat, mais sur une logique de déduction annuelle des revenus locatifs imposables.
Ce guide propose une analyse complète et technique du dispositif Jeanbrun 2026, de ses mécanismes fiscaux, de ses avantages et de ses contraintes, tout en le comparant aux autres dispositifs structurants : déficit foncier, loi Malraux et loi Denormandie.
La loi Jeanbrun vise à instaurer un cadre fiscal pérenne pour soutenir l’investissement locatif privé. Contrairement à une réduction d’impôt calculée sur un prix d’acquisition, le statut du bailleur privé repose sur un mécanisme d’amortissement immobilier appliqué à la location nue.
L’objectif est triple :
Le dispositif concerne des logements loués nus en résidence principale, avec un engagement locatif minimal de 9 ans et des plafonds de loyers selon le segment choisi. Il s’applique aux logements :
La mesure est ouverte sur une période pluriannuelle (souvent présentée jusqu’au 31 décembre 2028), ce qui apporte une meilleure visibilité pour la structuration d’un investissement locatif.

Le cœur du dispositif repose sur l’amortissement d’une base représentant 80 % de la valeur du bien (logique “hors foncier”). Chaque année, une fraction de cette base amortissable est déductible des revenus locatifs imposables, dans la limite de plafonds annuels.

Exemple de lecture : si un bien est acquis 300 000 €, la base amortissable (80 %) est de 240 000 €. En segment intermédiaire à 3,5 %, l’amortissement théorique annuel est de 8 400 €, mais le plafond annuel limite alors l’avantage à 8 000 €.
L’amortissement ne crée pas une “réduction d’impôt” directe. Il vient plutôt réduire la base imposable des loyers. Résultat : il peut diminuer fortement l’impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux et la fiscalité totale liée à l’exploitation du bien.
Dans la pratique, l’intérêt réel dépend de plusieurs paramètres : niveau de loyers, charges, taux d’imposition, durée de détention, coût du financement, et cohérence des plafonds de loyers avec le marché local.
Le bénéfice le plus direct est la réduction de l’assiette taxable : l’amortissement annualisé vient diminuer les revenus locatifs imposables. Cela peut lisser la fiscalité sur la durée, et dans certains cas, neutraliser une partie significative de l’imposition des loyers pendant plusieurs années.
Le dispositif privilégie une fiscalité régulière et durable. Cette approche peut être plus stable qu’une réduction d’impôt concentrée sur une phase initiale, car elle suit la durée d’exploitation du bien.
Le statut du bailleur privé est souvent présenté comme moins dépendant d’un zonage strict. Cela élargit le champ des opportunités, à condition de rester très rigoureux sur l’emplacement et la demande locative réelle.
Selon le montage, l’amortissement peut s’ajouter à des charges déductibles (intérêts d’emprunt, charges non récupérables, frais), ce qui améliore la lecture de la rentabilité nette après impôt.

Un engagement minimal de 9 ans implique une stratégie de détention et un plan de sortie cohérent. Une sortie anticipée peut remettre en cause tout ou partie de l’avantage, selon les modalités d’application.
Les plafonds de loyers peuvent créer un écart entre le loyer de marché et le loyer autorisé. Dans les secteurs très tendus, cet écart peut peser sur la rentabilité brute et sur le cash-flow, même si l’avantage fiscal compense partiellement.
Dans l’ancien, l’accès au dispositif repose souvent sur une rénovation importante (souvent présentée autour de 30 % du prix). Cette contrainte peut être une opportunité de création de valeur, mais elle suppose une gestion de travaux rigoureuse : devis, planning, marges, contrôle qualité, et maîtrise des aléas.
Un dispositif fiscal se juge aussi à la sortie. Il faut anticiper la revente, l’évolution du marché, la liquidité, et l’impact fiscal final. L’amortissement réduit la base imposable des loyers, mais peut modifier certaines lectures fiscales selon le régime applicable.
Le déficit foncier est un mécanisme classique du régime réel en location nue. Il permet de déduire certaines charges et travaux des revenus fonciers, et, en cas de déficit, d’en imputer une part sur le revenu global dans la limite annuelle prévue par la réglementation.

En pratique, le déficit foncier devient particulièrement pertinent lorsque le bien nécessite des travaux structurants : rénovation énergétique, remise aux normes, optimisation du plan, réfection des pièces d’eau, etc. Il faut néanmoins piloter le projet comme une opération technique : budget travaux, délais, impact sur la vacance, et repositionnement du logement.
PROJETS ÉLIGIBLES DÉFICIT FONCIER

La loi Malraux vise la restauration d’immeubles situés dans des secteurs patrimoniaux protégés. Elle ouvre droit à une réduction d’impôt calculée sur le montant des travaux éligibles, dans la limite de plafonds spécifiques.

La Malraux impose des exigences fortes : nature des travaux, autorisations, suivi, calendrier, et une cohérence stricte entre produit final et demande locale. Elle s’inscrit davantage dans une logique de valorisation patrimoniale en centre-ville historique que dans une stratégie de rendement “immédiat”.
Le dispositif Denormandie encourage l’investissement dans l’ancien avec travaux, dans des communes éligibles. L’avantage prend la forme d’une réduction d’impôt étalée selon la durée d’engagement locatif, à condition que les travaux représentent au moins 25 % du coût total de l’opération.

Le Denormandie peut être intéressant lorsque l’on vise une requalification d’un bien ancien dans une zone où la demande locative est réelle, et où la rénovation permet de repositionner l’actif (DPE, plan, confort, cible locataire).
PROJETS ÉLIGIBLES LOI DENORMANDIE

La bonne approche consiste à choisir le dispositif en fonction de l’objectif (fiscalité sur les loyers, réduction d’impôt, stratégie travaux, patrimoine ancien), puis à vérifier la cohérence économique : prix d’achat, loyer plafonné, vacance, charges, financement et liquidité.
Avant de retenir la loi Jeanbrun, il est recommandé de réaliser une analyse structurée :
Un dispositif fiscal performant n’efface pas un mauvais prix d’achat ni une demande locative fragile. L’opération doit être solide avant tout.
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La Loi Jeanbrun 2026 (statut du bailleur privé) transforme l’approche de la défiscalisation immobilière en privilégiant l’amortissement plutôt qu’une réduction d’impôt directe. Cette logique peut améliorer la fiscalité des loyers et lisser l’imposition dans le temps, à condition de respecter un cadre strict : location nue, plafonds de loyers, engagement long, et, dans l’ancien, rénovation significative.
Comparée au déficit foncier, à la loi Malraux ou à la loi Denormandie, Jeanbrun se distingue par une approche centrée sur l’exploitation locative et la diminution progressive de la base imposable. La performance dépendra toujours de l’équation globale : prix d’achat, loyer réellement applicable, financement, charges, marché locatif et stratégie de sortie.
En 2026, la défiscalisation immobilière ne se résume plus à “un dispositif” : elle se construit par une analyse technique et financière précise, alignée sur la réalité du marché et sur des objectifs patrimoniaux cohérents.